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Écrivains, personnages et profils : l’éditorialisation de l’auteur

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Atelier 3 : Les circuits de la confiance dans l’environnement numérique

23 janvier 2018

avec Chloé Girard, Jérôme Valluy

La séance sera consacrée au texte de Louise Merzeau "Les fake news, miroir grossissant de luttes d’influences" (Ina Global, mai 2017), et à la question suivante : comment s’élabore la confiance dans l’environnement numérique ?

Argumentaire

L’article de Louise part des fake news mais ça n’est pas son sujet ni le nôtre ici :

“Quel que soit l’angle sous lequel on les observe, c’est sur l’énigme du médium que ces fausses nouvelles conduisent notre regard. Corps conducteur, milieu, organe : comment les idées se propagent-elles, comment leur circulation transforme-t-elle la réalité, comment le pouvoir s’incarne-t-il dans cette puissance de propagation ?”.

“Avant d’être un effondrement de la vérité, la crise des fake news est le signe d’une redistribution des circuits de la confiance”.

Nous nous en tiendrons ici à “comment les idées se propagent-elles”, à “la source et le lit” par lesquels naissent et se propagent les (dés)information dans le numérique. Comment schématiser l’une et l’autre dans ce milieu ?

Environnement-source :

  • autorités
    • centralisées : les plus nombreuses (sites classiques, d’information et autres, blogs et comptes Twitter)
    • délibératives : archétype de Wikipedia, pas forcément très reproduit.*
  • auteurs :
    • nommés
    • anonymes : part très très amplifiée dans le numérique, culture du pseudo.

Environnement-lit :

  • schéma affinitaire (bouche à oreille, rumeur) : part très, très amplifiée dans le numérique, culture du rebond,
  • schéma radial : encore très important, information allant des sources centralisées vers les lecteurs.

Relativement au schéma des média classiques et mass media les nouveautés du milieu numérique semblent concerner surtout :

  • l’amplification de l’anonymat de la source,
  • l’amplification de rebond de lecteur à réseau affinitaire.

Comment construire la confiance dans ce milieu ?
Il semble que Louise se contredise dans cet article : elle écrit d’abord “Plus encore que la source, c’est le lit par où s’écoule l’information qui conditionne sa crédibilité” pour en arriver à la notion de co-construction délibérative de la “vérité” qui montre au contraire que c’est le mode de construction de la source qui est important.

Peut-on donc imaginer des “journaux d’information” (au sens le plus large) délibératifs ? Est-ce qu’une rédaction, nommée, n’est pas déjà une source délibérative à petite échelle ? Est-ce que ça n’est pas la culture de la source qu’il faut développer ?

Les blogs persos comme les comptes de réseaux sociaux ont donné la parole à chacun, ce qui est très certainement à saluer, mais ce sont des paroles parfois anonymes et la plupart de temps hors réseau, au sens où elles s’expriment sans aucune délibération avant parution (co-auteurs, responsables éditoriaux, correcteurs, relecteurs…) ?

Cela nous amène à nuancer la notion de réseau, qui possède au moins deux facettes :

  • réseau de co-auteurs, relecteurs, éditeurs (qui sont aussi des relecteurs), correcteur, etc.
  • réseau de lecteurs.

Un grand nombre de discours, dans le numérique, n’ont peu ou pas de la première. D’où l’importance de soutenir le geste éditorial, qui peut, et devrait sans doute, être délibératif.

Les fake news comme révélateur d’un milieu numérique hors réseau de rédaction ?

Liens pratiques


Voir en ligne : Louise Merzeau. Les fake news, miroir grossissant de luttes d’influences. Ina Global, mai 2017