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Colloque international Les 24 et 25 mai à l’Université de Montréal sous la direction de Bertrand Gervais, Servanne Monjour, Jean-François (...)

Détournements et création

Les pratiques alternatives, à la périphérie des plateformes

21 janvier 2016 _

avec Lionel Maurel, Victoria Welby

***Exceptionnellement, cette séance débutera à 18 h à Paris, 12 h à Montréal.***

De toute part nous viennent des indications quantitatives stupéfiantes. Un milliard d’utilisateurs de Facebook en 24 h, 2 milliards de dollars investis par Facebook pour acheter OculusRift qui en avait levé moins de 100 millions dans sa brève histoire antérieure. Les majors des réseaux interactifs seraient-ils en passe de préempter tous les usages novateurs des technologies numériques ? Les solutions industrielles mises en place par des firmes comme SAP, Dassault-Systèmes, CapGemini et autres deviennent des applications sécurisées dépendant de modèles qui associent des silos et des protocoles de partage d’information à l’usage de clients exclusifs. Les plateformes comme Amazon, DailyMotion ou YouTube fournissent des environnements formatés pour des usages spécifiques très largement ouverts au public. Des formats intermédiaires comme ceux des compagnies aériennes ou des banques conjoignent la sécurisation et l’ouverture au client. Quels environnements numériques permettent-ils une certaine créativité ? Les logiciels de blogues ou d’enseignement à distance ? Des espaces dédiés à la création numérique en réseau ? Ou bien pouvons-nous repérer des usages détournés et inventifs des plateformes standard comme Tumblr ou Twitter ? L’intensité inégalée des échanges et la dispersion des initiatives rend particulièrement difficile, le repérage, l’analyse et la stabilisation des créations numériques, dont la plupart ne seront connues que de tout petits cercles de suiveurs. Nous suivons Richard Sennett lorsqu’il affirme que l’artisanat créatif, qui demande la formation d’un tour de main spécifique et requiert à la fois du temps, de la précision et une plongée dans un univers de références internes à la pratique, est mis hors-jeu par la plupart des contextes logiciels avec lesquels nous interagissons. Si nous mettons la question des contenus subversifs ou polémiques entre parenthèses pour nous concentrer sur les usages alternatifs des technologies et des environnements numériques eux-mêmes, comment pourrons-nous aborder le repérage du corpus considéré ? Si nous nous bornions aux créations faisant l’objet d’un visa officiel (résidences d’artistes, départements d’université, bourse délivrées par des institutions), nous aurions un aperçu du possible créatif, mais non pas du potentiel réellement alternatif. Si nous nous mettions à l’affût de créations périphériques, l’océan des liens nous submergerait de trouvailles aléatoires et souvent inexploitables : plateformes à l’abandon, esquisses sans développements suffisants, projets aux contours flous, univers linguistiques inconnus... Ne sommes-nous pas méthodologiquement tenus d’opter pour une stratégie explicitement restrictive : une approche monographique commanderait de spécifier une recherche en fonction d’une application déterminée, ou en fonction d’un nuage de mots-clés particulier : cela permettrait au moins des sondages concrets. Ou bien il faudrait renoncer à considérer les univers numériques comme autonomes et évoquer les créations ou interprétations ou autour d’un événement particulier, qu’il s’agisse d’une série télé ou d’un attentat politique et des réactions associées. Au-delà, l’univers du code et des données devrait permettre de repérer des usages inusités de la programmation, des fonctions rarement utilisées mises en avant, des espaces collaboratifs ouverts à des travaux originaux. Il y a là en puissance nombre d’orientations de recherche pour les années qui viennent.


Ressources

Lionel Maurel est juriste et bibliothécaire.

  • Décrypte et analyse les transformations du droit à l’heure du numérique : #PropriétéIntellectuelle #Droitd’Auteur#Droitdel’Internet #Droitdel’Information, #DroitdelaCulture #CultureLibre #LicencesLibres #LibertésNumériques #EditionNumérique #OpenData, #DonnéesPersonnelles #BiensCommuns
  • Traque et essaie de faire sauter (y compris chez lui) le DRM mental qui empêche de penser le droit autrement
  • Engagé pour la défense et la promotion des biens communs, de la culture libre et du domaine public
  • Veut rendre à l’intelligence collective tout ce qu’elle lui donne, notamment ici : twitter.com/Calimaq /http://fr-fr.facebook.com/Calimaq
  • Co-fondateur du collectif SavoirsCom1, politique des biens communs de la connaissance
  • Membre du Conseil d’Orientation Stratégique de La Quadrature du Net, organisation de défense des droits et libertés des citoyens sur Internet
  • A eu le grand honneur de tenir une chronique hebdomadaire sur le site d’information OWNI, durant l’année 2012
  • Conservateur des bibliothèques, en poste à la Bibliothèque d’Histoire Internationale Contemporaine (BDIC) – Université Paris X Nanterre : http://www.bdic.fr/

Source : scinfolex.com

Victoria Welby est un personnage né, un peu au hasard des choses, dans un site de rencontres virtuelles. Parce que son auteure ne voulait pas d’un pseudonyme numéroté (ç’aurait été une insulte à son imagination), elle a fini par emprunter le nom d’une autre. Intello et sémioticienne elle-même, elle a affublé son avatar du nom d’une sémioticienne anglaise, nécessairement méconnue des gens fréquentant les sites de rencontres.

La première sortie publique de Victoria Welby (c’est-à-dire en dehors des sites de rencontres) a eu lieu en mai 2006, dans le cadre de deux projets littéraires faisant usage du blogue comme plateforme de publication. D’un hasard en naît un autre. Ne voulant associer ni son vrai nom, ni son adresse courriel principale à ces projets, l’auteure a décidé de réutiliser Victoria Welby comme avatar. Tous ses projets de littérature, hypermédiatique ou non, sont désormais signés de ce nom. Elle a bien commis une ou deux choses littéraires sous son vrai nom, mais elle les donne désormais comme des productions de Victoria Welby sous un pseudonyme.

Les projets construisent différents portraits de Victoria Welby. Sa vie est aussi complexifiée par l’existence de son homonyme anglaise et de son auteure, avec qui elle partage certains traits mais pas d’autres, dans un sens comme dans l’autre.

Victoria Welby est un personnage virtuel en constante construction et qu’on ne peut définir qu’en admettant la logique du tiers inclus. Autrement, il faut opter pour la schizophrénie.

Source : victoriawelby.ca